Ethymologie
(è-gzi-sté) Du latin existere ou exsistere, « sortir de », « se manifester, se montrer », composé de ex et de sistere, forme dérivée de stare (« être debout », « être stable »). Apparenté au grec ancien ἵστημι, hístêmi, « se tenir debout », « se lever », avec le préfixe ἔξω, éxô-, « hors », « au delà ».
Être désigne ce qui est indépendamment de toute conscience.
Exister désigne ce qui est présent à une conscience ou accessible à celle-ci par la mémoire.
Ainsi, une entité peut être sans exister pour moi, et exister pour moi dès lors qu’elle entre dans mon champ de conscience ou peut y être rappelée.
L’existence n’est donc pas une propriété des choses, mais une relation entre une entité et une conscience.
Les contenus issus du partage (science, culture, langage) ne fondent pas l’existence, mais fournissent des éléments que la conscience peut valider et ainsi faire exister pour elle.
Dans l’Antiquité, la question de l’existence a été abordée sans distinction nette avec l’être. Parménide affirme : “l’être est, le non-être n’est pas”. Platon distingue le monde sensible et les idées, et tient que ce qui “existe vraiment”, ce sont les idées. Aristote introduit les notions de substance, d’essence et d’acte, posant des bases sans séparer explicitement être et exister.
Au Moyen Âge, la distinction entre essence et existence est formulée. Avicenne distingue clairement essence et existence. Thomas d’Aquin affirme que l’existence est “ce qui actualise l’essence”, admettant qu’une chose peut être définie sans exister, comme une licorne.
À l’époque moderne, la réflexion s’articule autour de la conscience. René Descartes énonce : “je pense donc je suis”. George Berkeley soutient que “être, c’est être perçu”. Immanuel Kant affirme que l’existence n’est pas une propriété et que dire “ça existe” n’ajoute rien au concept.
Aux XIXe et XXe siècles, l’existence est pensée comme expérience. Søren Kierkegaard associe exister à une vie subjective. Martin Heidegger définit l’existence comme être-au-monde. Jean-Paul Sartre affirme que “l’existence précède l’essence”.
Dans la philosophie contemporaine, Edmund Husserl pose que l’existence correspond à l’apparaître à la conscience. La philosophie analytique formule l’existence comme un énoncé logique : “il y a…”.
