• 1 janvier 2026

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour votre réponse. Mon intention est de partager avec vous ma propre expérience mystique qui, je crois, pourrait renforcer vos opinions.

Après avoir passé de nombreuses années à chercher (de manière participative) dans les religions, les croyances et les sectes la voie d’une spiritualité qui pourrait me guider et me réconforter dans mon existence, tout à coup, un lien s’est fait dans mon esprit.

Tout d’abord, ce qui donne existence est la conscience ou même la foi. Je me suis aperçu en effet que ce qui est plus fort que tout c’est la foi que nous avons en quelque chose. Ce que qui donne une existence, une consistance en ce que nous croyons est la foi que nous avons en ce que nous croyons. Ce qui nous permet d’exister c’est la conscience que nous avons de nous-mêmes. Ainsi, aussi présomptueux que cela puisse paraître, si Dieu ou les Dieux existent, c’est parce que nous leur donnons cette existence au travers de notre foi.

Et puis, au-delà de la foi, il y a le mythe (du grec mûthos « récit, fable »). Le mythe est ce récit qui est censé être le récit originel, fondateur. Le récit vrai. Le récit qui explique. Le récit qui justifie. Le récit qui rassure et auquel on se réfère. Or, selon le travail de recherche accompli par les mythologues (scientifiques étudiant les mythes), en particulier Jean-Loïc Le Quellec on s’aperçoit d’une chose : les humains, partout dans le monde, depuis toujours, et même aujourd’hui, ont besoin d’histoires auxquelles croire pour trouver des explications aux mystères, des moyens de se rassurer et trouver du sens à leur misérable existence. A notre misérable existence. Et surtout, ce sont souvent les mêmes récits, les mêmes épopées. Quel que soient les continents et les ethnies. Je ne veux pas rentrer dans le détail, mais l’on retrouve des mythes semblables en Afrique, en Inde, au Proche Orient en Amérique du sud… Dans le Bouddhisme, l’Islam, le Judaïsme, le Christianisme, l’Animisme et j’en passe… C’est absolument sidérant à quel point l’humain manque d’imagination ! A un point tel que ces scientifiques ont mis en place une sorte de généalogie des mythes qui permet, branche après branche, de remonter à son origine dans le temps et géographiquement. Ils peuvent présenter des hypothèses plausibles sur l’origine du mythe de la terre mère tant dans le temps que géographiquement. C’est absolument sidérant ! A tel point que l’on se sent idiot d’y avoir cru !

Et enfin, il y a la transmission. Après avoir transmis une croyance, un mythe de manière orale, les humains ont ressenti le besoin de se servir d’un truc fou : l’écriture. Avec l’écriture ils ont pu fixer toutes les variations, enjolivements, fioritures et messages qu’ils souhaitaient. Avant, ils le faisaient de manière orale avec le style et les convictions de chaque orateur. Avec l’écriture, ils ont permis aux historiens, graphologues et aux archéologues d’aujourd’hui de mettre en évidence l’influence du scribe sur le texte. Ces textes que l’on considère comme le fil rouge, ces textes qui sont sensés être la colonne vertébrale de ce que nous croyons, de ce qu’il faut comprendre… Ces textes ont été écrits par des hommes qui, comme les journalistes d’aujourd’hui, transmettaient le mythe dans un certain style. Ils y ajoutaient parfois des détails destinés à toucher les lecteurs selon la manière dont eux-mêmes ressentaient le mythe. Parfois aussi, ils l’adaptaient à la façon dont leur employeur souhaitait que le mythe soit transmis. Avec ses valeurs, sa propagande, ses dogmes. Car ces mythes de base étaient censés apporter des valeurs éthiques et morales, mais étaient aussi utilisés pour transmettre des lois et des idéologies.

Et c’est n’est pas un, deux ou trois scribes ; ce sont des dizaines, voire des centaines de scribes qui ont transcrit ces textes. Avec les parchemins de la mer morte, les archéologues et les graphologues pensent que ce pouvait tout aussi bien être des ateliers d’écritures avec une personne qui dictait et plusieurs autres qui écrivaient. Chacune quelque chose de différent !

C’est là qu’intervient le dogme : que faut-il croire ? Forcément, avec tant de textes ; ceux qui racontent les mythes, ceux qui interprètent les mythes, ceux qui racontent l’histoire de ceux qui transcrivent les mythes… Ça fait des milliers de textes « sacrés ». Et je suis probablement bien en dessous du compte. Il a donc bien fallu décider quel sont les textes de référence. Et là, ce sont ceux qui ont vu qu’ils pouvaient s’en servir pour manipuler les gens à leur profit qui ont décidé. Ils ont décidé quels étaient les textes qu’il fallait croire, quels textes étaient apocryphes et comment il fallait y croire. Ainsi est née la religion. Comme un outil de manipulation des masses, un outil de pouvoir et parfois aussi comme un alibi pour couvrir le cynisme et la cupidité.

Si Dieu existe, c’est parce que nous refusons d’accepter le vide. Alors nous l’avons comblé avec nos mythes, nos mots, et nos peurs.

By Marc

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