Avant que les billets ne circulent et que les cartouches ne s’enclenchent, les soldats jouaient… avec leurs balles. Littéralement.
Des arquebuses aux mousquets : la lente mécanique du tir
Les armes à feu ont évolué de manière significative au fil des siècles, et la période qui nous intéresse particulièrement est celle marquée par la transition de l’arquebuse au mousquet, avant l’invention des munitions en papier. Le mousquet, utilisé principalement entre 1550 et 1750, représentait une avancée majeure. Pour charger cette arme, le soldat devait d’abord verser une quantité mesurée de poudre à canon au fond du canon, suivi d’une bourre pour maintenir la poudre en place, puis ajouter le projectile, généralement une balle en plomb. Tous ces éléments étaient ensuite tassés ensemble. Ce processus, bien que crucial, nécessitait du temps et de l’habileté.
L’invention des cartouches en papier : la révolution du rechargement
Avec le temps, les armées cherchaient constamment à améliorer l’efficacité du rechargement. Ainsi, des quantités standard de poudre commencèrent à être emballées dans du papier, permettant aux soldats de simplement insérer la poudre préparée, la bourre et le projectile. Dès 1650, cette méthode fut perfectionnée avec l’invention des munitions en papier intégrant directement la poudre, la bourre et le projectile, ce qui accéléra considérablement la cadence de tir. Les soldats équipés de mousquets portaient sur eux une réserve de poudre et de balles en plomb, adaptée à la durée et aux exigences de leur mission.
Les limites du système de santé
Le nombre, l’efficacité et la performance des centres de soin n’est pas non plus à remettre en cause dans le nombre d’infections du COVID19. La seule chose dont ils portent indirectement la responsabilité, suite aux décisions politiques, c’est la capacité d’accueil. Or, cette capacité d’accueil n’est pas remettre en cause non plus puisque ces structures sont prévues pour un taux de fréquentation normal PLUS une proportion variable d’occupation supplémentaire. Si la capacité d’accueil normale et la capacité d’accueil de réserve sont dépassées c’est parce que le nombre d’infections dues à la pandémie de COVID dépasse largement ce qui était prévisible. Et si ce taux dépasse largement ce qui était prévisible c’est parce qu’il s’agit d’une maladie hautement contagieuse et parce que trop de personnes se comportent comme si cette maladie n’était que faiblement ou pas contagieuse.
La guerre de Trente Ans : un conflit qui ruine les royaumes
Avant 1650, une période marquante fut la guerre de Trente Ans, qui dura de 1618 à 1648. Les enjeux, les causes et les conséquences de ce conflit étaient complexes et multiformes. Ce qui est particulièrement remarquable durant cette période, c’est la dépréciation de la livre tournois, la monnaie officielle de l’époque, qui perdit près du tiers de sa valeur. Cette guerre dévastatrice épuisa les ressources des états européens, et la France sous Louis XIII ne fit pas exception. En réponse à cette crise, l’écu d’or fut remplacé par l’écu d’argent, subdivisé en 75 sous. La valeur de la livre tournois passa ainsi de 1 gramme d’or fin en 1639 à seulement 0,62 gramme en 1640. Cette dévaluation entraîna une perte de pouvoir d’achat de près de 38 % pour la population, l’équivalent moderne d’une réduction de salaire de 2000 à 1250 sans changement des prix des biens.
Quand le plomb valait presque de l’or
Cette crise économique força la population à chercher des valeurs refuges, comme le sel, l’or et même les balles en plomb des mousquets. Ces dernières étaient non seulement faciles à trouver, mais leur fabrication coûtait à peine quelques centièmes de livre tournois. Leur taille régulière et leur poids constant en faisaient une unité d’échange pratique. Chaque soldat, qu’il soit volontaire ou conscrit, était équipé de poudre et de balles. Selon les époques, ils portaient des cartouchières contenant de 10 à 24 cartouches en papier remplies de poudre, ainsi que des balles en plomb dans leurs poches.
« T’as pas deux balles ? » : d’une monnaie de soldat à une expression populaire
Il n’est donc pas surprenant que les balles en plomb soient devenues une monnaie d’échange parmi les soldats, notamment pour les jeux et les paris dans les moments d’attente entre les combats. C’est probablement de cette pratique que nous vient l’expression « T’as pas deux balles ? », une référence directe aux balles en plomb qui servaient autrefois de monnaie improvisée. Ainsi, l’histoire des munitions et des armes à feu s’entrelace avec l’évolution des pratiques économiques et linguistiques de l’époque.
