Cette fable m’a été contée dans ma jeunesse. J’ignore d’où elle vient. Je vous la livre de mémoire.
Dans un pays fort lointain, il y a fort longtemps, était une fleur d’une beauté sans pareil.
Une fleur si belle qu’au réveil, lorsqu’elle s’ouvrait, l’éblouissement qu’elle provoquait était si intense que le soleil en était obscurci.
Mais la belle était réservée. Elle était si gracieuse et cependant, le moindre regard lui faisait hausser les feuilles et vite elle se cachait dans ses sépales.
Un jour, alors qu’elle se prélassait au soleil matinal, le vent, au détour d’une colline, l’aperçut. Devant tant de grâce et de beauté, il tomba instantanément amoureux de la fleur.
Fort et courageux, le vent n’hésita pas: il décida de déclarer son amour à la belle.
Ho belle de jour! Tu es si merveilleuse! Par amour, je ferais tout pour toi! dit le le vent.
La fleur rougit et haussa les feuilles.
Le vent reprit : Pour toi je peux faire souffler le chaud simoun du désert qui soulève le sable et déplace les dunes ou le froid Nord et des plaines qui fait tomber les feuilles. Dit le vent. Puis il reprit : pour toi je peux faire battre le sommet des montagnes par les bourrasques de grésil. Pour toi je peux faire sonner la tempête sur les steppes et les mers. Pour toi… Pour toi…! Le vent s’essoufflait dans son amour.
Pour toi, tonna le vent, ferai souffler ouragans et cyclones! Je balayerait la terre et soulèverai les océans en interminables tsunamis ! Pour toi..! Pour toi…!
Prenant son courage à deux pétales, la fleur s’enhardit à interrompre le vent dans sa véhémence.
Cher ami, lui dit-elle, tant de fougue me touche. Mais savez-vous, reprit-elle, pour moi, une toute petite bise suffirait…

